Présentation

Les auteurs

David Cobbold (Connaître & Apprécier, Eccevino, BFM...) est le plus français des journalistes anglais du vin, ou vice versa. Il a reçu en 2011 le Wine Blog Trophy pour son blog More than just Wine

Jim Budd, sujet de sa Gracieuse Majesté, est journaliste pour diverses revues britanniques. Amoureux des vins de Loire, il leur consacre un blog, Jim's Loire, primé en 2009 du Wine Blog Trophy.

Hervé Lalau est un journaliste français travaillant pour divers magazines et sites français, belges et québécois. Il a également son blog personnel, Chroniques Vineuses, pour lequel il a reçu en 2010 le Wine Blog Trophy

Michel Smith est un journaliste français établi en Roussillon, travaillant pour diverses revues et guides en France. Il s'intitule lui-même "Journaliste en Vins et autres Plats de Résistance".

Marc Vanhellemont est un journaliste belge travaillant pour divers magazines en Belgique et en France. Incontournable, sauf par la face nord.

Les invités des 5

Le samedi, les 5 du Vin accueillent des invités, et notamment: Franco Ziliani (I), Lincoln Siliakus (AUS) et Alexandre Truffer (CH).

Le Vagabond des 5

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Jim Budd's photographs are licensed under a Creative Commons Attribution-Noncommercial-No Derivative Works 2.5 UK: Scotland License.
Jeudi 24 mai 2012 4 24 /05 /Mai /2012 00:29

Cela m’arrive trop rarement, une ou deux fois par an seulement. La sensation d’être l’espace d’un instant redevenu un amateur, un presque débutant, un simple buveur de vins à la fois naïf et curieux. Voilà un agréable moment que je traverse toujours avec bonheur, comme si je planais sur un tapis volant en savourant un vieux disque des Doors ! Cet intermède, hélas trop court, me permet à chaque fois de retomber sur mes deux pieds, de me secouer les puces, de redonner du sens à l’air du temps. La dernière fois que ça m’est arrivé, c’était un lundi, au bar à vins « Les Indigènes », rue de La Cloche d’Or, à Perpignan, en compagnie des mes amis du Club du Verre à la Main, modeste association locale partie de Calce où j’ai toujours mon rond de serviette, même si je ne participe pas assez souvent à mon goût.

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André Dominé, journaliste Allemand, lui aussi redevenu simple dégustateur...Photo©MichelSmith

 Comme n’importe quel autre membre de cette assemblée d’aimables dégustateurs, Frédéric Auriol, Fred pour les intimes, qui se trouve être aussi un des associés de Chris aux Indigènes, avait suggéré et organisé cette dégustation ouverte à tous les membres à laquelle il suffisait de s’inscrire. Le thème ne m’aurait jamais effleuré l’esprit. Je dois avouer que c’est justement à cause ce thème, qui permettait d’explorer l’univers des Gamays d’Auvergne (on dit de ce Gamay qu’à l’origine il n’avait rien à voir avec le « noir à jus blanc » du Beaujolais) dans la mouvance des vins dits naturels, que j’ai accepté de partager la soirée avec cette bande de joyeux drilles de tous les horizons. Bien m’en a pris, car grâce à eux, j’ai revécu tout un tas de sensations initiatiques propres aux voyages sensoriels, dont cette excitation toute juvénile qui mène à la découverte de l’inconnu. Afin de respecter cette ambiance, je vous livre mes notes sans fards, telles quelles.

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Des vins dits naturels, vendangés en tongs. Photo©MichelSmith

Pour nous lancer dans cette aventure bouteilles non aveuglées puisque nous ne connaissions rien à l’Auvergne vineuse, Fred nous a sorti un Pinot Gris 2010 du Puy de Dôme « vendangé en tongs » (c’est écrit sur l’étiquette), un Vin de Table de Pierre Beauger, à Montaigut-le-Blanc, au Sud de Clermont-Ferrand. Le nez est un peu beurré, aucun lien possible avec l’Alsace, plus avec la Bourgogne peut-être car on a de la structure, de la fraîcheur et du fruit, ainsi qu’une sensation de matière. Voilà un bon début !

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Jeu de mains, jeu de vilains ? Photo©MichelSmith

Le premier gamay 2010, « Jeu de Vin », est celui de François Dhumes dont la vigne est posée sur le flanc de la colline de Corent, toujours au sud de la capitale auvergnate. Robe très pâle, un peu comme celle des Sancerre rouges de la première époque, nez difficile au départ (il ne s’arrangera pas par la suite), souplesse en bouche, je ne l’apprécie guère contrairement à d’autres membres du club… « La Bohême » 2007, de Patrick Bouju, toujours dans le même secteur, à 500 mètres d’altitude et sur une base de vignes centenaires, m’intéresse plus par son fruit, sa minéralité, sa profondeur et sa longueur. Le prochain, celui de Jean Maupertuis, « Les Pierres Noires » 2010, à Saint-Georges-sur-Allier, non loin de Cournon-d’Auvergne, présente un nez plus avenant fruité et épicé, robe plus soutenue, pas mal de mollesse en bouche avec quelques notes de cerise… Plus ferme, l’assemblage fer servadou et gamay de Nicolas Carmarans, ancien bistrotier parisien installé près d’Entraygues, dans le nord Aveyron, me paraît encore plus réussi si j’en juge par son énigmatique « H2 Facteur L2/R » 2007 à la robe presque sudiste tant elle est sombre. Joli nez bien ouvert sur la mûre, bouche large et souriante portée sur le fruit, beaux tannins, j’apprends que le vin est élevé en barriques de 2 à 3 vins.

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Un vin de table du Facteur et un Fleurie masqué...Photo©MichelSmith

En guise de pause, Fred nous sert à l’aveugle un vin « pirate » que j’identifie comme étant un Juliénas ou un Côtes Roannaises. Il s’agit en réalité d’un beau Fleurie 2010 du Domaine de La Grand’Cour, travaillé en biologie par Jean-Louis Dutraive. Bien joué Fred !

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Les naturistes Auvergnats ne manquent pas d'idées pour leurs étiquettes...Photo©MichelSmith

Arrive ensuite la deuxième vague de Gamays d’Auvergne avec le second vin de Jean Maupertuis (voir plus haut), une cuvée « La Guillaume » 2010 présentant une robe trouble, un nez plutôt moyen (je suis gentil…) et une bouche un peu pâteuse… Passons. Le vin suivant sera le mieux noté pour ce qui me concerne. C’est un 2008 nommé « Lulu » de Patrick Bouju, au Domaine La Bohême, à Glaine-Montaigu dans le Puy de Dôme (voir plus haut). Il s’agit de vignes de plus de 60 ans. Bizarrement, si le premier nez évoque plutôt le soufre, le vin en bouche se comporte avec éclat : de l’amplitude, un joli fruité tout croquant, une impression de fraîcheur et une belle finale légèrement poivrée, sans oublier une bonne longueur.

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Pour moi, ce Vitriol "extra" a de quoi tenir ! Photo©MichelSmith

Servi en dernier et en carafe par Frédéric Auriol, le 2009 « Vitriol » de Pierre Beauger - le gars qui vendange en tongs (voir plus haut) – en intrigue plus d’un. La robe est légère et trouble avec des reflets légèrement orangés, mais la bouche ne déçoit pas car on ressent de l’épaisseur et la présence de beaux tannins qui incitent à la garde.

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Photo©MichelSmith

Notre dégustation s’est achevée dans l’allégresse en compagnie de beaux produits du terroir amenés par les uns et les autres, un splendide magnum de Faugères « Tradition » 2009 de Léon Barral et un magnum toujours aussi réjouissant du Poiré de l’ami Bordelet. Tous les amateurs se sont donnés rendez-vous pour d’autres agapes en plein air le 24 Juin, sous les platanes du vieux Mas de Las Fonts à Calce. Pour ce repas (un cochon noir grillé est prévu) on viendra tous avec ses munitions que l’on fera partager à la table entière. Pour le simple plaisir de me retrouver en amateur parmi d’autres amateurs, je crois bien que j’irai !

Michel Smith

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Mercredi 23 mai 2012 3 23 /05 /Mai /2012 00:03

Jeudi dernier, Marc, son épouse Nathalie et moi nous sommes prêtés à un exercice d'un genre particulier et qui fait écho aux nombreux billets publiés ici sur la problématique du bouchon.

Nous avons dégusté deux bouteilles d'un même vin, un Alsace Grand Cru Schoenenbourg Riesling 2009 de Dopff "Au Moulin", sous deux bouchages différents. Échantillon n°1: capsule à vis. Échantillon n°2, bouchon de liège.

Herve-1092.JPGLes deux forces en présence

Premier enseignement: aucun défaut, aucune contamination, ni d'un côté, ni de l'autre. Deuxième enseignement: c'est un joli vin.

Mais allons plus en profondeur:

1 L'oeil

La robe de la bouteille bouchée liège est  légèrement plus soutenue, plus dorée, comme plus évoluée.

2 Le nez

L'échantillon n°1 (capsule) et assez discret au premier nez. Il met du temps à se livrer. Quelques notes florales (tilleul, acacia), un peu de poivre, de réglisse; pétrole léger.

L'échantillon n°2, lui, est plus ouvert, les notes de poire et d'agrumes sont franches, avec un côté bien mûr, presque miellé.

3 La bouche

L'échantillon n°1 paraît plus tendu, plus salin, on perçoit un peu de perlant. C'est droit, bien net, encore très jeune.

La finale est assez épicée, presque piquante.

L'échantillon n°2 est plus rond, plus soyeux, plus en chair. Le sucre est plus perceptible, le vin paraît plus généreux.

La finale est plus ample.

Herve 1091-copie-1

Sehr schoen, le Schoenenbourg de Dopff...

En résumé

Les trois dégustateurs (Marc Vanhellemont, Nathalie Verbogen, Hervé Lalau) ont préféré l'échantillon n°2 dans son état actuel, à boire aujourd'hui. Tous les trois ont noté plus qu'un air de famille entre les deux vins, mais ont pensé que le capsulé était plus jeune, au moins d'un an.

En ce qui concerne les caractères pétrolé et perlant, il n'y a pas eu unanimité: deux des dégustateurs les ont trouvés plus évidents dans l'échantillon n°2, un dégustateur (moi) a trouvé le contraire.

En résumé: on ne peut pas dire qu'il y a une véritable supériorité d'un mode de bouchage par rapport à l'autre, mais les différences sont flagrantes. Il semble que la version capsulée soit promise à un plus long avenir, mais l'impression demande à être confirmée dans le temps. Elle semble en tout cas plus jeune.

Merci à Dopff "Au Moulin" pour ce banc d'essai particulièrement instructif. On ne peut évidemment généraliser à toutes les bouteilles bouchées liège et bouchées vis, mais en se remémorant d'autres dégustations de vin suisses, chiliens et néo-zélandais, on se dit que les vins français ne font pas exception et que la capsule fait mieux que soutenir la comparaison.

En toute indépendance

Toutes les campagnes d'image des bouchonniers ne pourront changer ce simple constat: la capsule n'est pas un bouchage au rabais.  Il ne suffit pas de financer la formation du WSET et d'offrir aux étudiants des séjours aux Portugal, comme Amorim, pour me convaincre. Je trouve même la ficelle une peu grosse; j'espère que les étudiants aussi.

Je le dis à nouveau pour que les choses soient claires: je ne roule pas pour les capsules à vis, je ne suis pas payé pour écrire ce que je viens d'écrire. Je n'ai aucun intérêt dans cette affaire. Je dis ce que je vois, ce que je ressens, ce que je bois.

Je souhaite seulement que les producteurs dont nous dégustons les vins puissent être jugés pour leur travail, et pas pour les dégâts éventuels que le bouchage peut faire subir à leurs vins.

Hervé Lalau

Par les5duVin
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Mardi 22 mai 2012 2 22 /05 /Mai /2012 02:00

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The old Truman Brewery in Brick Lane. London venue for RAW

(Posted 2.30 am: Holding photo for a report on the RAW fair organised by Isabelle Legeron in London on Sunday and Monday. Report will follow soon.)  

 Report as promised:

This is wine fair time in London. On Sunday we had the start of both RAW (the artisan wine fair) and the Real Wine Fair. The London International Wine Trade Fair starts Tuesday and runs until early Thursday evening.

Both RAW and the Real Wine Fair feature natural/authentic/artisanal wine or whatever term that seems to make sense. Last year they were together as The Natural Wine Fair but a natural wild ferment between the organisers led to two different fairs this year.

As RAW is only running two days against the three days for the Real Wine Fair, I went along to RAW on Sunday. The fair was housed in a generous space in the old Trumans Brewery on the now very busy Brick Lane with lots of market stalls. The room had plenty of natural light and space, so good conditions for tasting. By early afternoon the event had attracted a good crowd, despite two of the main public transport options for getting to the event were closed for Sunday maintenance. Looks like there are a significant number of wine drinkers prepared to pay £20 to come and taste a range of wines made by small producers.

With over 200 producers it was always going to be impossible to do more than just scratch the surface and on Sunday I largely concentrated on whites. There were fortunately few producers from the scrumpy school, who think that wine should taste of rough cider. Among my highlights were: 

 

JamesMilltona.jpgJames Millton


  2009 Te Arai Chenin Blanc, Gisborne

James Millton, Millton Vineyards, New Zealand
Fine balance of citric fruit, touch of honey and ripe acidity. James is the only New Zealand producer who makes a top quality Chenin Blanc.

 2010 Eau de Pluie Vin de France, Domaine du Closel
100% Verdelho, one of the grape varieties used on Madeira. Although until very recently a banned variety, Evelyne de Pontbriand told me that it had been used in the past quite widely (but absolutely illegally) in Savennières to give the wines more fruit to mask the fact that the Chenin had been picked before it was ripe and the over-use of sulphur. Eau de Pluie with its musky and peachy fruit would make a good and intriguing apéro. Verdelho is no longer on a banned list of varieties, so can now be sold under the Vin de France designation.

2009 Cuvée Céline, Touraine Azay-le-Rideau, Château de la Roche en Loire, Louis Jean Sylvos
Quite rich Chenin fruit, some honey and good length.

2010 Cuvée Louis, Touraine Azay-le-Rideau, Château de la Roche en Loire, Louis Jean Sylvos
Lovely juicy, attractive red made from 70% Cabernet Franc, 15% Côt and 15% Grolleau.

2009 Roche aux Moines, Savennières, Damien Laureau
Damien only makes 700 litres – two barrels of this wine with a yield of only 20 hl/ha with 30% of the vines missing or dead in this parcel. Understandably he is replanting the missing vines! This is obviously rare but finely precise.

2009 La Porte Dorée, Cour-Cheverny, Philippe Tessier
Wine made from Romorantin can age beautifully and this is still just starting out. Lovely weight of fruit, texture, honeyed and long-lasting flavor. Sadly there will be little 2012 as the domaine was hit by frost on 16th/17th April losing 80% of the crop.

 

Jim--3-8742.jpgSébastien Riffault and Alexandre Bain (Pouilly-Fumé)

 

2008 Les Quarterons, Sancerre, Sébastien Riffault
I have often found Sébastien’s Sancerre slightly too much off the wall for me but Les Quarterons has lovely, vibrant fruit.

  J i M     

 

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POURQUOI CE BLOG?

Ce blog est né de l'heureux hasard d'une rencontre, en février 2010, au Salon des Vins de Loire d'Angers, autour d'un verre de rosé de Bourgueil - celui de Pierre Jacques Druet. Il y avait là cinq "plumitifs" du vin. Le rosé aidant, l'idée a germé de créer un espace commun.
Parce qu'à cinq, on peut aborder plus de thèmes.
Parce qu'on peut débattre.
Parce qu'on peut partager. Des coups de coeur, des coups de gueule, de l'expérience.
Et qu'est-ce que le vin sinon une boisson de partage?

De ces cinq, certains étaient déjà des blogueurs confirmés, d'autres non.
Comme il y a les 5 sens, il y  a maintenant les 5 du Vin.

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