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QUI SOMMES-NOUS?

David Cobbold (Eccevino) est le plus français des journalistes anglais du vin, ou vice versa. Il a reçu en 2011 le Wine Blog Trophy pour  son blog, More than Just Wine.

Jim Budd, sujet de sa Gracieuse Majesté, est journaliste pour diverses revues britanniques. Amoureux des vins de Loire, il leur consacre un blog, Jim's Loire, primé en 2009 du Wine Blog Trophy.

Hervé Lalau est un journaliste français écrivant pour diverses revues et sites français, belges, suisses et canadiens. Son blog "Chroniques Vineuses" lui a valu le Wine Blog Trophy en 2010.

Michel Smith, PourLeVin, est un journaliste français établi en Roussillon, travaillant pour diverses revues et guides en France. Il s'intitule lui-même "Journaliste en Vins et autres Plats de Résistance".

Marc Vanhellemont est un journaliste belge travaillant pour divers magazines en Belgique et en France. Incontournable, sauf par la face nord.

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C'est grave, Docteur?

Mercredi 13 octobre 2010 3 13 /10 /Oct /2010 06:40

Un peu de psychologie de comptoir...

J'ai coutume de dire que j'ai appris mes lettres sur les étiquettes de Bourgogne, et c'est presque vrai. Mes parents étaient des grands admirateurs des Beaune, des Pommard, des Nuits Saint Georges, des Meursault, et j'ai grandi dans cette dévotion. En blanc, il y avait aussi parfois des Alsace à la maison. Mais des grands Bordeaux, guère.

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Hervé, parlez-moi de votre enfance...

Même si, à cet âge, je ne faisais guère que tremper mes lèvres dans les verres, je suis sûr que cette initiation précoce a eu son importance.

D'abord, même si j'ai appris à connaître bien d'autres crus sur la planète vin, par la suite, il m'en reste un respect particulier pour la Bourgogne, sa complexité, ses climats. Suchots, Montrevenots, Rugiens... tous ces noms, c'était autant de prénoms  pour "le" vin de la famille.

Quand je dis "respect", c'est plus dans l'esprit que dans les faits; car faute de retrouver les qualités des vins que je humais à la fin des années 60 dans leurs successeurs, ceux des années 80 et 90, j'ai un temps "décroché" du Bourgogne - au moins du Bourgogne rouge.

Plus fondalement, ma manière d'aborder les vins en a certainement été marquée. Mes souvenirs des jolis pinots de mon enfance m'incitent à demander d'un vin rouge qu'il soit flatteur au nez, voire complexe.

Je suis "nasal" avant d'être "buccal".

Bon, je vous ai dévoilé mes petits secrets. Peut-être mes complices des 5 voudront-ils bien me dévoiler les leurs? Marc est-il tombé dans la gueuze quand il était petit? Jacques a-t-il été initié au Brem ou au Mareuil? Jim était-il Muscadet ou Sherry? Michel était-il Carignan ou Edelberry?

La suite à la prochaine séance, Docteur Sigmund.

Hervé Lalau

 

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Jeudi 12 août 2010 4 12 /08 /Août /2010 01:58

Il faut à tout prix jeter un coup d’œil, voire deux, sur le site de mon ami vigneron empêcheur de tourner en rond, j’ai nommé l’Angevin sac à vin auteur de grands vins qu’est le sieur Patrick Baudouin ICI

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Patrick est aussi amateur d'eau...

Dans un récent post intitulé « Le Père Cristal et la chaptalisation, 110 ans après, toujours d’actualité », il nous narre l’histoire d’un vigneron un peu naïf qui, en 1896, en compagnie de quelques congénères, avait fondé un « Syndicat de garantie ou association libre de propriétaires viticulteurs pour la garantie de leurs produits contre le sucrage, le mutage, et les falsifications de toute nature des Vins d’Anjou ». Ouf ! Ce syndicat, dont la plupart des adhérents étaient du Layon, a vécu une vie éphémère, comme le narre fort bien Patrick qui en profite pour relancer le débat sur l’ajout de sucre dans les liquoreux. Un scandale bien de chez nous qui ne fait pas honneur à l’intégrité de nos appellations, même les plus prestigieuses, exception faite, sous réserve de me tromper, des Sélections de Grains Nobles d’Alsace, mention ou appellation dont la rigueur devrait servir d’exemple à la terre entière des faiseurs de liquoreux.

À l’heure des vins dits « naturels » qui fleurissent un peu partout ici et là, cette histoire de "sans sucre" me fait penser au "sans soufre" ou, plus justement au « sans soufre ajouté ». Vieux cheval de bataille allez vous me dire... Aucun rapport pensez-vous, sauf que l’on en revient, comme dans les histoires de sucrages, à l’idée toute simple de sauvegarde de la pureté du vin et de sa relation intime avec le terroir dont il est issu. Le vrai naturel, quoi; le seul qui compte à mes yeux. Bon, je ne veux pas relancer le débat puisque, sans être totalement contre le « sans soufre » que d’aucuns qualifient volontiers de « vin naturel », exercice d’équilibriste qu’aucun vigneron, à ma connaissance, n'est capable d'appliquer à chaque millésime sur la totalité de sa récolte, mais je m'égare... je reste persuadé, quitte à me répéter, que l'important est l'intégrité du vin, le vin nu en quelque sorte.

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Sur le sujet délicat du "sans soufre", en complément de ce que je dis avec Patrick Baudouin sur le "sans sucre", je veux simplement porter à votre connaissance les conclusions de Christine et Éric Saurel, vignerons biodynamistes ô combien émérites de la Vallée du Rhône, vignerons que j’aime beaucoup pour la qualité et le sérieux de leur travail. Je vous conseille en outre une visite de leur site : http://www.montirius.com/ où vous verrez qu’ils sont aussi en recherche de vendangeurs « motivés » pour les vendanges à venir…

Voici in extenso le texte qu’ils m’ont fait parvenir via leur lettre d’information plus connue in french sous le nom de « news letter » :

"On nous demande souvent si l’on ajoute du SO2 dans nos vins et si oui, combien. Certains pensent en effet que la Bio-Dynamie implique de vinifier sans SO2. C’est inexact. Chez Montirius, nous pensons même que ce serait un tort. Pour deux raisons.

 La première, c’est que le SO2 agit comme un excellent conservateur. Certes, pour les vins dont l’acidité naturelle est importante (par exemple les vins de Champagne, qui ont un PH bas), l’ajout de SO2 se révèle souvent superflu, l’acide tartrique naturellement présent dans le vin le protège de l'oxydation. Mais les vins qui ont une acidité naturelle plus faible – c’est le cas de nos vins Montirius – sont plus sensibles à l'air. Aussi, pour les protéger, certains font le choix d’ajouter de l’acide tartrique. Nous le refusons, considérant que cela change la nature du vin. Nous préférons l’ajout de SO2, qui ne dénature pas le vin. Il favorise en effet la sélection des « bonnes » levures naturelles (sur la pellicule du raisin, on trouve toutes sortes de levures naturelles) qui transformeront le sucre en alcool. Une fois le vin mis en bouteille, l’ajout ponctuel de SO2 permet au vin de continuer à s’élever.

La seconde raison, c’est qu’au moment où vous boirez l’un de nos vins Montirius, le SO2 que nous aurons ponctuellement ajouté au préalable aura la plupart du temps… disparu ! En effet, le laboratoire AOC qui nous suit en analyse et conseil a fait des recherches sur un domaine en biologie de Châteauneuf-du-Pape. Elles montrent qu'après seulement un an de mise en bouteilles le SO2 « libre » (celui qui a été ajouté durant la vinification, à la différence du SO2 combiné dans le vin, le SO2 « total ») chute d'environ 50%. Après 3 ans de mise en bouteilles, le SO2 libre est… nul !

Nous avons fait analyser les vins Montirius par le même Laboratoire et les résultats viennent corroborer ceux obtenus pour le Châteauneuf-du-Pape : 

Vacqueyras rouge Montirius Le Clos 2006 :

Mise en bouteille en 2008 - SO2 libre au 18/07/2008 = 73mg/l

Au 01/07/2010 (début de commercialisation) = 9mg/l (très faible)

Gigondas rouge Montirius Terre des Ainés 2006 :

Mise en bouteille en 2008 - SO2 libre au 08/08/2008 = 69mg/l

Au 01/07/2010 (début de commercialisation) = 6 mg/l (très faible)

En deux ans, le SO2 libre que nous avions ajouté a quasiment disparu. Or nos vins se boivent généralement au minimum 3 ans après leur mise en bouteille. A cette date, il est plus que vraisemblable qu’ils ne contiennent plus aucune trace de SO2 libre".

Voilà qui, à mon humble avis, devrait clore cet incessant, faux et stérile débat sur l'intérêt ou non du sans soufre. Et rendre par la même occasion plus urgent un débat sur le sans sucre. Intéressant, n’est-ce pas ? J'attends vos réactions de pied ferme.

Michel Smith

 

Par les5duvin - Publié dans : C'est grave, Docteur? - Communauté : Les Amis des 5 du Vin
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Lundi 24 mai 2010 1 24 /05 /Mai /2010 00:09

Si vous ne l'avez pas encore lu : lisez-le ! Ce livre est paru fin 2008. Ma chronique date de novembre 2008. Elle toujours lue sur mon blog alors je vous la propose en ce lundi de Pentecôte. Bonne lecture et pour une fois, réagissez ! Commentez !

 

Olivier Ameisen, l’auteur du livre «Le dernier verre» chez Denoël, est un médecin sensible et talentueux. Deuxième enfant d’une famille parisienne aisée, d’origine juive polonaise, son parcours scolaire est fascinant : en 2de à l’Ecole Alsacienne il sollicite une dérogation, qu’il obtient d’Edgard Faure lui-même, pour passer son bac et le réussit brillamment. «C’était la première fois dans les annales, m’a affirmé le Ministère, qu’un élève réussissait son bac en classe de seconde.» Il veut être pianiste. Il a hérité du don de son père capable de jouer tout ce qu’il voulait au piano, «d’oreille car il n’avait jamais appris à lire la musique». À sept ans, il dit à son père «Regarde, papa j’ai composé quelque chose de très beau, regarde. 

-         C’est très bien, mais je crois que quelqu’un l’a composé avant toi, à dit son père.

-         Impossible !

-         - Bien sûr que si : c’est le Concert pour piano n°1 de Tchaïkovski.»


Bac en poche, ses parents ne sont pas très disposés à le voir «passer tout son temps à travailler le piano». Médecine alors, à l’exemple de l’ami de la famille, le Pr Jean Bernard. Olivier décroche son premier job d’été comme pianiste à la Closerie des Lilas. Comme il fait plus vieux que son âge, les clients lui offraient des verres qu’il ne buvait pas. Un jour il décide sa mère à écrire à Arthur Rubinstein, "le pianiste des pianistes" pour qu’il le reçoive. Le maître accepte. Olivier joue, au 22 square de l’avenue Foch, sur le Steinway de son idole. Il confie à Rubinstein son intention de mener de front ses études de médecine et une carrière de concertiste et s’entend répondre «C’était possible du temps de Moritz Rosenthal, qui avait je crois un doctorat en philosophie, mais aujourd’hui c’est exclu. Il faut travailler comme un fou. Vous êtes un pianiste fabuleux, cher monsieur, vous êtes l’un des meilleurs. Vous me faites penser à moi-même, mais aussi à Samson François lorsqu’il a joué sur ce même piano.» Il choisit donc la cardiologie car «L’école française de "rythmologie" a une réputation mondiale, et ce sont les professeurs Slama et Coumel, mes maîtres à l’hôpital Lariboisière, qui ont guidé mes premiers pas.»

 

Je dois avouer que ces références me touchent au cœur, au propre comme au figuré, car c’est à Lariboisière dans le service du Pr Slama que le Pr Coumel a soigné mon syndrome de Kent.  Olivier est médecin-aspirant à Matignon au temps de Raymond Barre. New-York exerce sur lui «une singulière fascination» et, en octobre 1983, il choisit le service de cardiologie du prestigieux New York Presbyterian Hospital-Cornell University Medical Center. Quand l’alcool déboule dans sa vie, il exerce aussi dans son propre cabinet de cardiologie à Manhattan.

 

Car, dixit Olivier, «Je suis hanté depuis toujours par un sentiment angoissant d’inadéquation, d’imposture. Alors que je dégage – selon ce qu’on me dit – une impression de force et d’assurance et même, pour beaucoup, de charisme, je me sens en totale inadéquation avec cette image. Pour moi, cette personne dont le CV épate tout le monde n’a rien à voir avec la personne que je suis réellement. Je vis dans la crainte d’être découvert. Un jour, forcément, quelqu’un comprendra que tout ce que j’entreprends, tous mes succès ne sont qu’une escroquerie, et le château de cartes s’écroulera en quelques secondes.» Là est la racine de sa maladie. Ce livre, vous devez le lire. Je ne vais donc pas vous le résumer mais vous confier, dans l’ordre chronologique, des passages que j’ai soulignés lors de ma lecture.

 

«Mes parents n’ont jamais été buveurs ; à la maison, il n’y avait jamais de vin à table ; mes parents ont donc failli car ils ont omis de m’enseigner comment boire convenablement. Ils ont commis une faute importante car ils auraient dû prévoir que cela me handicaperait sur le plan social et professionnel» page 14

 

«La dépendance met les médecins mal à l’aise parce qu’ils n’ont aucun traitement efficace à proposer. Cela explique aussi la stigmatisation morale qui accompagne la dépendance. Chaque fois que la médecine ne parvient pas à guérir ou à contrôler une maladie, elle en rejette la faute sur le patient, en l’accusant de manquer de force de caractère, de volonté, etc.» page 17

 

«J’ai découvert que l’alcool calmait mes angoisses comme jamais les benzodiazépines ne l’avaient fait, et sans effet secondaires. L’alcool me donnait de l’assurance. Je me sentais serein, extraverti, lucide, complètement à l’aise. Je pouvais bavarder sans retenue avec un parfait inconnu.» page 58

 

«Le grand avantage de la cure, c’est que ce n’est pas la « vraie » vie. Mais c’est également son grand inconvénient, et c’est la raison pour laquelle ses résultats sont si fragiles.» page 111

 

«Les racines non biologiques de cette maladie qu’est la dépendance sont à rechercher dans le besoin de changement individuel, de grandir, et surtout de se comprendre soi-même et surtout de comprendre son rapport à autrui. Encore une fois, il est crucial de comprendre le terrain qui prédispose certaines personnes à l’addiction (…) En d’autres termes, tout le monde ne peut pas devenir alcoolique.» page 137

 

«Personne ne semblait comprendre que je n’avais aucune envie de me détruire. Même dans les moments les plus atroces, j’avis envie de vivre.»

«Ce que j’ai toujours pensé, ce que je continue de penser, c’est que l’alcool, s’il a failli me tuer à d’innombrables reprises, m’a permis d’aller mieux, de survivre. C’est l’alcool qui m’a permis de vivre et je pense que je serais mort, ou bien fou.» page 141

 

«Dans l’addiction, en revanche, les symptômes sont la maladie. Le principal symptôme de la dépendance c’est la dépendance, c’est-à-dire le craving, l’envie obsessionnelle de fumer, de boire, de prendre de l’héroïne et ainsi de suite. Si le patient refume, reboit, etc., c’est à cause de ce symptôme. Pour dire les choses autrement, si le patient est dépendant de la substance, la maladie, elle, est dépendante de ses symptômes. Supprimez les symptômes, et vous supprimez la maladie.» page 214

 

«Mais le baclofène était tombé dans le domaine public depuis des années. On pourrait penser que c’est une bonne chose, mais ce n’est pas le cas: n’importe quel laboratoire peut fabriquer et vendre un générique du baclofène, et donc aucun laboratoire n’investira le moindre centime dans une étude sur ses effets. Comme ce sont les laboratoires qui financent l’essentiel de la recherche sur le traitement de la dépendance…» page 237

 

«Les traitements contre la dépendance ont toujours pour but déclaré de ramener les patients à leur vie d’avant l’addiction, à leur état de «préaddiction». Non seulement cette méthode ne marche pas, mais elle comporte en outre une faille importante. L’état qui précède la plongée dans la dépendance n’est rien d’autre qu’un état d’extrême vulnérabilité à l’addiction : ce n’est pas un « avant » vers lequel on peut vouloir retourner. C’est pour cela que lorsqu’on me disait : "C’est bon de se retrouver comme avant" , je répondais invariablement : "Ce n’est pas du tout comme avant. Avant, j’avais peut-être l’air normal, mais je me sentais extrêmement mal. Aujourd’hui, je ne me suis jamais senti aussi bien".» page 247

 

Allez sur le site d’Olivier Ameisen  http://olivierameisen.e-monsite.com/ et bonne lecture avec des commentaires…

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POURQUOI CE BLOG?

Ce blog est né de l'heureux hasard d'une rencontre, en 2010, au Salon des Vins de Loire d'Angers, autour d'un verre de rosé de Bourgueil - celui de Pierre Jacques Druet. Il y avait là cinq "plumitifs" du vin. Le rosé aidant, l'idée a germé de créer un espace commun.
Parce qu'à cinq, on peut aborder plus de thèmes.
Parce qu'on peut débattre.
Parce qu'on peut partager. Des coups de coeur, des coups de gueule, de l'expérience.

Et qu'est-ce que le vin sinon une boisson de partage?


De ces cinq, certains sont déjà des blogueurs confirmés, d'autres non.
Comme il y a les 5 sens, il y  a maintenant les 5 du Vin.


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