Reparlons un tout petit peu du Nature, ça agite sainement les esprits endormis…
Une tendance naturelle se développe depuis longtemps au sein du vignoble beaujolais, même les maisons de négoce s’y mettent…
Château de La Pierre 2009 Régnié Maison Loron
La robe grenat sombre au contour bistre est des plus engageantes. Le nez fait un plongeon immédiat dans une corbeille de fruits qui mélangent myrtille et groseille, cassis et griotte, où vient rebondir une framboise catapultée d’un trait de réglisse. La bouche, ample en structure, semble austère aux papilles interpellées toutefois par la tension minérale de l’architecture, puis la porte s’ouvre et de l’huis sortent petit à petit fruits et fleurs, le flux s’intensifie et c’est en fin par gerbes successives que les bouquets aromatiques embellissent tout le palais.
Le point vinif pour ceux qui aiment la technique
Les vieilles vignes de Gamay issues de sols granitiques macèrent leurs raisins durant une vingtaine de jours en grappes entières. L’élevage se fait sur lies au pouvoir réducteur préserve le vin contre l’oxydation précoce. Ce premier essai de vinification sans soufre ajouté est probant, le fruité est pur et la structure ferme. Certes l’excellence du millésime a facilité l’exercice, mais comme disait Jules Chauvet* : « l’idéal serait de ne pas sulfiter, il faudrait alors être sûr de la vendange et de soi-même».
Le vignoble est en conversion biologique.
*Jules Chauvet, décédé en 1989, était à la fois vigneron, chimiste, écrivain et dégustateur d’un rare talent. Il fut le premier a essayer la vinification sans soufre. D’autre part, son amour de la dégustation lui a fait créer le verre INAO, une révolution à l’époque
Que mange-t-on avec un Régnié tout en force, ample et fruité ?
Il se marie avec élégance à la puissance d’un agneau relevé de thym ou au canard façon occidentale ou orientale. La crème ne l’effraie pas, le veau sauce archiduc lui convient par conséquent. Les escalopes milanaises, fines, croquantes, boostent son fruit, lui, il leur gomme l’excès de gras et les couvre de marmelades de fruits. Il est vendu en Belgique en grande surface.
Le Château qui nous concocte ce spontané Beaujolais
Celui-ci étend son vignoble de 17 ha au cœur du village de Régnié, le petit dernier des crus du Beaujolais. La propriété a été acquise fin des années 90 par la Maison Loron, vieille entreprise de négoce créée en 1821 par Jean-Marie Loron, alors maire de Chénas et ancien régisseur d’un domaine mâconnais, qui fonde un commerce d’expédition de vins du Beaujolais et du Mâconnais. Remarquons qu’à cette époque, les premiers étaient souvent vendus plus chers que les seconds. C’est toujours un Loron, de la sixième génération, qui dirige la société riche aujourd’hui de 90 ha.
Quant au Nature, j’en ai encore bu un représentant ce midi, à côté de la gare éponyme, (ah ah, histoire belge) hyper agréable cette cuvée de Terrasses du Larzac élaborée par Olivier Jullien.
Bye
Marc
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