Désolé du retard dans mon post d'aujourd'hui, mais des connections internet qui manquaient singulièrement de stabilité au Portugal m'ont empêché de poster mon deuxième épisode sur les vins dégustés récemment à Châteauneuf-du-Pape.
Bon, il faut gérer des frustrations, parfois. Je compléterai cette série (qui comprendra 3 épisodes) dans les semaines qui viennent.
Cette photo, prise lors du concours de cette année, montre en avant-plan le drapeau de la Slovaquie, pays qui sera l'hôte de la prochaine édition, en 2013.
Pour le moment, cap sur des choses vécues lors de ce voyage au Portugal à l'occasion de la dernière édition du Concours Mondial de Bruxelles. Non, ce n'est pas une blague belge, une fois ! Car ce concours international de vins, initié à Bruxelles il y a 19 ans par Louis Havaux et consorts, migre chaque année dans un pays différent: la Sicile il y a deux ans, le Luxembourg en 2011, et, en 2012, à Guimaraes, dans le nord du Portugal. L'année prochaine, cela sera au tour de la Slovaquie, et de la ville de Bratislava, d'accueillir ce concours aussi gigantesque que bien organisé, qui, cette année, a fait juger plus de 7.300 vins par près de 300 professionnels venus de 40 pays.
Je ne vous parlerai pas de la météo (pourrie), ni des vins portugais (curieusement très mal présentés pendant ces trois jours; c'est ce qui s'appelle une occasion manquée). Je vais vous parler des bouchons en liège et leur défauts chroniques (nique-nique).
Cette image, prise le dernier jour du concours dans l'entrée de la salle de dégustation, montre les types de fermetures des vins dégustés, regroupés par volume relatif. Si l'on présume que les proportions n'ont pas été truquées par un des sponsors principaux du concours (le bouchonnier Amorim, dont le nom est visible sur le sac de la dame derrière !), il est à regretter que ces proportions de bouchons en liège et de capsules à vis ne soient pas inversés pour les vins que mon jury (le n°18) a dégusté.
Sur un total de 153 échantillons qui m'ont été présentés en tant que responsable de ce jury de 5 ou 7 dégustateurs (selon le jour), 7 vins étaient affreusement bouchonnés. J'ai fait contrôler mon avis par mes collègues et nous étions bien d'accord. Je ne parle même pas de quelques autres vins ayant pu souffrir, à moindre degré peut-être, de défauts liés au liège: goût de bouchon de faible intensité, oxydation variable et/ou avancée, perte aromatique, etc. Ce nombre de 7 vins rejetés (et re-dégustés) représente 4,5% de cette série de vins dégustés sur les 3 jours du concours, chiffre qui est, de très loin, supérieur à celui généralement annoncé comme étant la moyenne (entre 1 et 2%).
Je lutte, mais je ne fais pas le poids !
Ma critique du liège comme système de fermeture de bouteilles de vins est, depuis quelques années, assez constante et bien connue. Vu l'importance d'Amorim comme sponsor de ce concours, elle me vaudra, peut-être, de ne plus être invité comme juge au prochain Concours Mondial. Là n'est pas le problème. Je pense simplement à tous ces vignerons et tous ces consommateurs qui sont volés par des bouteilles de vin présentant des défauts rédhibitoires causés par un petit morceau d'écorce de chêne.
On peut bien me dire que 5%, ce n'est rien, mais qui accepterait cela d'un yaourt? On peut bien me dire que c'est la faute d'une mauvaise préparation du liège, mais qu'attendent-ils pour la rectifier, si leur processus s'est autant amélioré?
Le liège gâche trop souvent l'image des vignerons et le plaisir des consommateurs, et toute la communication (souvent spécieuse, du reste) des producteurs de liège ne me fera pas changer d'avis sur ce point. Ce n'est pas acceptable ! Non, je ne vais pas tenter de sauver Miquel. je préfère essayer de sauver le vin.
David Cobbold
Ecrire un commentaire - Voir les 14 commentaires
Derniers Commentaires