2,99 euros. c'est le prix d'un poulet Label Rouge ces jours-ci chez Auchan, si j'en crois les pubs qui passent à la radio.
Il y a quelques années, grâce à Sopexa, j'ai visité des élevages Label Rouge. On m'a expliqué la valeur ajoutée du système. Les contraintes librement acceptées par les producteurs pour pouvoir proposer au consommateur des poulets de qualité, élevés en parcours libre (et non en batterie), sans antibiotiques, tués à 90 jours... Tout cela, au prix d'un moindre volume, d'un moindre rendement, et d'un prix plus élevé. Celui que les vrais amateurs sont prêts à payer.
Photo Synalaf
Habituellement, j'achète mon poulet de Loué ou des Landes Label Rouge au prix de 7-8 euros.
Le voici à moins de la moitié de ce prix. Je ne vois pas comment c'est possible. Si c'est Auchan qui sacrifie sa marge, attention à la revente à perte. Si c'est le producteur qui déstocke, attention à l'image. Dans les deux cas, je crie cou-nu, ou plutôt, casse-cou.
Et que le consommateur qui pense réaliser une bonne affaire aujourd'hui ne se fasse pas d'illusion, il y a forcément un perdant dans l'histoire. La qualité, le revenu de l'agriculteur, la crédibilité du label... Et s'il est lui même agriculteur, il le comprendra encore plus vite.
Ce n'est peut-être pas très populaire en ces temps de moins-disant économique, mais les chiffres sont têtus. Il n'est pas possible de payer la production, tous les intermédiaires et la certification à ce prix-là.
Au Synalaf, les responsables des Volailles Label Rouge que j'ai interrogés n'en peuvent mais; ils réprouvent aussi ce bradage éhonté.
Et je pense que le raisonnement est applicable au vin, bien sûr, où il existe d'autres signes de qualité, souvent tout aussi bafoués.
Longue vie au Label Rouge... à un prix raisonnable.
Hervé Lalau
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