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David Cobbold (Eccevino) est le plus français des journalistes anglais du vin, ou vice versa. Il a reçu en 2011 le Wine Blog Trophy pour  son blog, More than Just Wine.

Jim Budd, sujet de sa Gracieuse Majesté, est journaliste pour diverses revues britanniques. Amoureux des vins de Loire, il leur consacre un blog, Jim's Loire, primé en 2009 du Wine Blog Trophy.

Hervé Lalau est un journaliste français écrivant pour diverses revues et sites français, belges, suisses et canadiens. Son blog "Chroniques Vineuses" lui a valu le Wine Blog Trophy en 2010.

Michel Smith, PourLeVin, est un journaliste français établi en Roussillon, travaillant pour diverses revues et guides en France. Il s'intitule lui-même "Journaliste en Vins et autres Plats de Résistance".

Marc Vanhellemont est un journaliste belge travaillant pour divers magazines en Belgique et en France. Incontournable, sauf par la face nord.

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Le coup de coeur

Lundi 10 mai 2010 1 10 /05 /Mai /2010 00:09

«Il s’est donc avéré que cette vie «divine» en France bénéficiait toujours d’un attrait magique» écrit Étienne Van Steenberghe. À propos de qui ce magique attrait s’exerçait-t-il ? De vignerons belges, mais c’est bien sûr, et plus précisément  flamands, normal lorsqu’on est doté d’un patronyme qui sonne comme celui du mythique rouleur de ma jeunesse Rik Van Steenbergen. Dans un très bel album, «Vignerons belges en France», aux éditions Lanoo www.lanoo.com Étienne Van Steenberghe constate dans sa préface qu’à l’aube du nouveau millénaire «pas moins de septante-cinq» de ses compatriotes «étaient actifs sur la scène viticole française». Il ajoute que «les années nonante ont en effet constitué le cadre d’une véritable invasion des nouveaux dieux du vin. Ils sont apparus comme des dei ex machina. The Big Belgian Boom in France.» Et d’énumérer les Frère (Cheval Blanc), Bonnie (Malartic-Lagravière), Pauwels (domaine du Théron à Cahors), Onclin (Prieuré-Lichine), Fourcroy (Franc-Mayne), Vranken (champagne éponyme) et «de nombreux autres candidats vignerons disposant de moyens financiers importants ont vu généreusement pleuvoir la manne viticole. Un milliard de plus ou de moins ne représentait qu’une question de détail». L’étendard noir jaune rouge flottait donc principalement sur le vignoble bordelais et «sur le front viticole international, la présence viticole belge est particulièrement bien illustrée par quelques valeurs établies, comme le Pin de Jacques Thienpont qui n’a fait qu’une bouchée du Petrus aux prix prohibitifs». Mais il y a aussi des originaux tel « le prodige » Jean-Marie Guffens "aux créations parfaites". Donc, comme l’écrit très justement Étienne Van Steenberghe «une chose est bien établie dans le panorama du vin français: la présence belge dans le paysage français n’est plus un « fait-divers » mais est devenu un fait bien enraciné.»

De toute cette belle brochette, dans ma vie, j’en ai croisé quelques-uns mais c’est avec l’un d’eux, Jean-Marie Guffens, «le prodige», que grâce à l’ami Jean-Louis Piton, par une belle soirée aptésienne, juste après la publication de mon rapport, j’ai pu discuter un très long moment autour d’un verre (réemplissable comme il se doit). C’était décapant car l’homme, comme le note Étienne Van Steenberghe a «son style bien à lui, parsemé d’humour, de sérieux, d’ironie et de sarcasme». Comme le Piton du Lubéron n’est pas lui non plus dépourvu de répondant, ce fut chaud. Moi ça m’allait bien car JM Guffens avait tout compris de ce que j’essayais de dire à la France viticole. J’en garde un excellent souvenir. D’ailleurs, dans mes projets de chroniques futures, un «duel» Guffens-Piton est programmé. Reste à coincer ces deux grands voyageurs pour les faire causer.


Sans reprendre toute la notice (page 45 à 49) de l’ouvrage, je me permets de vous proposer quelques extraits de ce qu’écrit Étienne Van Steenberghe sur Jean-Marie Guffens pour vous mettre « le vin » à la bouche. Pour plus de précisions sur les affaires de JM Guffens voir www.verget-sa.com/

«C’est dans une 2CV bancale que Mainke Heynen, Jean-Marie-Guffens et Martha, le berger malinois, ont pris la route de France en ce 5 septembre 1976. Ils comptaient y vivre d’amour, de fromage et de vin. Deux enfants amoureux à la recherche d’un avenir en rose […] Ils ont trouvé une petite maisonnette dans le village voisin de Vergisson, une bourgade viticole dominée par deux géants de pierre, La Roche de Solutré et La Roche Vergisson. Des raisins Chardonnay poussent aujourd’hui tranquillement autour du nid d’amour au lieu-dit «En France».

«Une rencontre avec JM Guffens, le Flamand relativiste de Bourgogne, est toujours un évènement. Il n’est jamais à court de l’une ou l’autre affirmation téméraire. Son sourire enjoué et ses yeux pétillants cachent toutefois un sens de la perfection quasi maniaque. Pour lui, la viticulture est une passion. Il maîtrise parfaitement tous les paramètres de la viticulture et n’hésite pas à prendre des risques calculés. Un seul objectif occupe son esprit : produire des vins passionnants et harmonieux.»

«JM Guffens est un homme de défis. Il cerne très rapidement une situation et fait ensuite reculer ses limites sans le moindre problème. C’est dans ce contexte qu’a vu le jour son entreprise commerciale Verget à Soligny. Les maisons commerciales fournissaient trop peu d’efforts pour acquérir de bonnes matières de base. C’est convaincu de l’assertion «  le meilleur vin est fait à partir des meilleurs raisins » qu’il est allé à la rencontre des vignobles de la région de Bourgogne. Il a pu les convaincre – autrement dit, le prix était suffisamment élevé – de fournir des raisins de bonne qualité. Il a été l’un des pionniers dans ce domaine… »

« Son nouveau défi s’appelle le Château des Tourettes dans le Luberon (…) Les règles de l’AOC ne lui permettent pas la plantation de cépages modernes et ces vins sont donc vendus sous le label vin de pays. Le Château des Tourettes abrite donc des cépages liés à la région tels que marsanne, roussane, grenache et syrah. En tant qu’enfant de la Bourgogne, JM Guffens a toutefois fait planter des pieds de vigne de Chardonnay car il reste un amoureux inconditionnel de cette variété. Il connaît à fond les qualités de ce cépage. »

Voilà très chers lecteurs, le hasard des rencontres, des voisinages Aptésiens et de ce que la compagnie assidue du vin, de ceux qui le font, permet de nouer comme liens amicaux après des débats passionnés et arrosés puisque, comme chacun sait : la vérité est fond ses verres.

Je vous assure, et vous ne serez pas difficiles à persuader, que Jean-Marie Guffens et Jean-Louis Piton sont d’un commerce bien plus agréable que le sieur Patrick Elineau, DG de l’ANPAA (j’en parle en connaissance de cause car, par des hasards familiaux, nos vies se sont croisées il y a fort longtemps chroniquedu 6 juillet 2006 Des mots plutôt que des maux http://www.berthomeau.com/article-3202480.html  lettre au directeur de l'ANPAA.

Par les5duvin - Publié dans : Le coup de coeur - Communauté : Les Amis des 5 du Vin
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Vendredi 7 mai 2010 5 07 /05 /Mai /2010 01:27

Carignan, cet ancien nouveau cépage... Faut pas laisser les potes tout seul à se dépatouiller avec leur argumentation hebdomadaire sans de temps en temps donner un coup de main. Le Carignan, j’écris toujours le nom des cépages avec une majuscule, c’est totalement contraire à la typographie, mais sincèrement j’en ai rien à battre, encore moins dans un blog… Donc le Carignan compte parmi les cépages des plus intéressants, z’avez dû vous en apercevoir depuis quelques semaines.

Voici celui de Luc le toubib, qui depuis bientôt six années passe sa vie à tailler, ébourgeonner, rouler en tracteur (ça c’est fun, pas longtemps), vendanger, vinifier, angoisser, jouir (du résultat bien entendu !), porter des cartons… dites docteur, comment va votre dos ?

rouler-en-tracteur.jpgAh, rouler en tracteur...

Mais quand la passion vous prend, un peu de blabla avant l’objet du sujet, il est très important de bien cadrer les situations !

L’investissement autant en temps que pécuniaire ne compte guère. Quoique les comptes ça compte, on ne vit, ni ne crée, sans un viatique minimal, d’ailleurs Luc le dit: «j’habite à l’étage et la culture des vignes, la vinification, la distribution, la comptabilité, le nettoyage ... reposent essentiellement sur mon dos de quinquagénaire passionné, réalisant ainsi mon rêve de toujours…».
Ses proches garde toutefois grande importance à ses yeux et grande place dans son cœur. La Loute en témoigne.

mes-vieux-Carignan-de1922.JPG

Les vieux Carignans de Luc


Voilà on y arrive à ce Carignan !

La Loute de Coume Majou 2007  Vin de Pays des Côtes Catalanes


Une petite robe grenat carminé. Le nez certes mutin, mais guère expressif, c’est qu’elle est farouche la Loute et ne se laisse pas respirer au premier nez. Il faut insister pour qu’elle vous mette sous les narines son doux parfum de fruits rouges et d’agrumes. Sa bouche n’est pas gourmande, cela nous aurait déçus. Mais, elle s’ouvre d’un coup. Surprise ! Et nous balance en pleine figure des violettes, du zan et des cerises confites. Les tanins se serrent comme sa robe autour d’une maille stricte aux grains fins, le minéral s’y tresse entre les torsades fruitées.
Un conseil, pour en jouir en toute impunité, jetez-la dans une carafe. 

Une seule parcelle


Plantée de Carignan vieux de 87 ans. Ils regardent du sommet de la Coume Majou les schistes noirs et grossiers, chaud de soleil, sec comme l’herbe qui ne pousse plus. Leur profond enracinement leurs permet de résister aux conditions extrêmes de cette combe infernale. Les rendements n’y nourrissent pas son homme, 15 hl/ha au mieux.
«C’est une mini cuvée, mais ce Carignan m’a séduit autant qu’à mon œnologue, les tanins sont splendides, j’ai essayé de lui faire donner tout ce qu’il pouvait».

jouir-du-resultat.JPG

Et jouir du résultat...


Les raisins concentrés se foulent et se pigent aux pieds durant 5 jours. La vendange macère ensuite pendant 25 jours, le temps de terminer la FA. La FML ne s’est produite qu’en novembre. Le vin s’est gardé sous atmosphère de CO2 et s’est nourri de ses lies fines. Le mois de mai assista à la mise sans collage ni filtration.
Quant à l’étiquette, Luc nous confie : «L’étiquette est repiquée d’un fusain réalisé à la Place du Tertre en novembre  2004, et « Loute » est le surnom du modèle. Sa couleur préférée est le bleu.».

L-etiquette-de-la-Loute-change-de-couleur-a-chaque-mille.jpgLa Loute

Un bel exemple de Carignan, j’y passe cette fin de semaine à la Coume Majou, j’y dégusterai le dernier millésime et vous dirai quoi, comme on dit chez nous

Bye!

Contact: charlier.luc@wanadoo.fr


Marc Vanhellemont


Par les5duvin - Publié dans : Le coup de coeur - Communauté : Les Amis des 5 du Vin
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Mercredi 28 avril 2010 3 28 /04 /Avr /2010 01:59

Je n'ai jamais autant parlé de Bordeaux que ces derniers temps.

Mais j'ai une bonne raison: je rentre d'une dégustation des vins de la Baronne Guichard. N'allez pas imaginer une vieille rombière. Sous ce nom se cachent en fait deux jeunes gens, Aline et Paul Goldschmidt - Aline étant l'héritière des domaines viticoles d'Olivier Guichard. Oui, l'ancien ministre du Général.

A savoir: trois vignobles à Saint Emilion (Château Le Prieuré), Pomerol (La Vray Croix de Gay) et Lalande (Château Siaurac).

Enfin, quand je dis héritière, il ne faut pas le prendre trop au pied de la lettre, car du temps de l'illustre parent, qui avait d'autres préoccupations, une bonne partie de la production allait grossir le flot du négoce bordelais.

Mais le jeune couple a crânement joué sa chance, investi, remodelé les vignes, replanté, et réorganisé ses circuits de vente. Ce qui nous vaut le plaisir de les rencontrer de temps à autre à Paris ou à Bruxelles.

Si je vous en parle, c'est non seulement parce qu'ils sont bien sympathiques - authentiques, serait le mot juste - mais aussi parce que je n'ai pas eu l'occasion de descendre à Bordeaux pour les Primeurs. Et leurs trois 2009 sont donc les premiers exemplaires de Bordeaux de ce millésime qu'il m'a été donné de goûter à ce jour.

Résultat de la joyeuse autopsie (réalisée au Seagrill, restaurant étoilé de Bruxelles, il y a donc pire endroit pour exercer ses talents de légiste): pas mal du tout. Fruités, gourmands, friands, les vins ont tout de même assez de matière et de complexité sousjacente pour présager une bonne garde. Mais Dieu qu'ils sont déjà plaisants aujourd'hui... Seigneur, donnez-nous la patience, qui est une grande vertu.

Ah oui, j'oubliais. Il paraît qu'on veut obliger les Goldschmidt à construire un chai à Pomerol s'ils veulent garder l'appellation pour leur Vray Croix de Gay.


CHT-VRAY-CROIX-DE-GAY-2008.jpg

Le Pomerol de la Baronne - sans chai, mais pas sans charme...


C'est la politique du syndicat local, qui veut y voir un gage de qualité. Il y a un recours devant le Conseil d'Etat, mais on ne sait pas encore ce que cela donnera.

Moi, je n'ai aucune compétence juridique particulière, aucune attache à Pomerol, aucun a priori. Mais je constate que d'autres Pomerol avec chai sur Pomerol sont... moins bons que celui des Goldschmidt.

Je ne peux pas généraliser à partir d'un seul exemple, mais à qui profite, non pas le crime, mais la nouvelle réglementation?

Pas au consommateur, à l'évidence, puisque la qualité n'en sort pas forcément grandie. 

Ni à son portemonnaie. Car qui dit construction de chais dit investissement, qui devra bien se répercuter dans le prix du vin.

Pas à l'environnement non plus, puisqu'on devra bétonner encore un peu pour loger les nouveaux chais.

Quoi qu'il en soit, cette sorte de guerre de religion entre gens "installés" et SDF de la vinif me semble assez mal venue.

D'ailleurs, je ne suis pas le seul à le penser. Voyez ici ce qu'en dit un certain JB.

Hervé Lalau

Par les5duvin - Publié dans : Le coup de coeur - Communauté : Les Amis des 5 du Vin
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POURQUOI CE BLOG?

Ce blog est né de l'heureux hasard d'une rencontre, en 2010, au Salon des Vins de Loire d'Angers, autour d'un verre de rosé de Bourgueil - celui de Pierre Jacques Druet. Il y avait là cinq "plumitifs" du vin. Le rosé aidant, l'idée a germé de créer un espace commun.
Parce qu'à cinq, on peut aborder plus de thèmes.
Parce qu'on peut débattre.
Parce qu'on peut partager. Des coups de coeur, des coups de gueule, de l'expérience.

Et qu'est-ce que le vin sinon une boisson de partage?


De ces cinq, certains sont déjà des blogueurs confirmés, d'autres non.
Comme il y a les 5 sens, il y  a maintenant les 5 du Vin.


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