Jeudi 29 avril 2010
4
29
/04
/Avr
/2010
01:55
Marre. Envie de changer, envie de cesser de critiquer à tout va, envie d’être sage, pour une fois, de me poser, de m’en tenir à l’essentiel, c’est-à-dire au vin.
Et dans le vin je mets le Champagne. À la place d’honneur même. Crise ou pas, ça bouge entre Reims et Épernay. Sur les étiquettes, de plus en plus d’identifications de terroir – de cru, qu’on
dirait en Italie, de single vineyard qu’on dirait en Californie –, de plus en plus de conscience que la vigne est vivante, de plus en plus de sélection, d’identification, de vinifications
séparées, de bois savamment utilisé. Bref, que du bonheur. Témoin, cette belle cuvée goûtée récemment en dilettante un soir de cafard. Un pur meunier, vous vous rendez compte ? Et vieilles vignes
qui plus est. Et millésimé par-dessus le marché. Du meunier ? Hé oui, rien de plus normal puisque nous sommes au cœur de la Vallée de la Marne, en plein dans son terroir.
Dieu que c’est bon ! Ca pète la forme, ça chante, ça frétille. Robe blonde légèrement cuivrée, on a l’impression
de croquer dans une poire bien mûre. Du fruit à gogo, du croustillant, un zeste de gras, une pointe de pomme caramel, une touche d’épices douces, de la fraîcheur, de l’allégresse. L’architecture
est lumineuse. Et ça ne manque ni d’élégance, ni de ferveur.
Martine et Michel Loriot possèdent 7 ha de vignes qu’ils bichonnent. Leur cave est à Festigny, bien à l’intérieur de la vallée de la Marne. C’est de cette commune que viennent les pinot meuniers
âgés en moyenne de 40 ans qui font la richesse de cette cuvée. Quand j’allais en Champagne dans les années 80, le simple fait d’errer de parts et d’autres de cette vallée était considéré, y
compris par mes employeurs, comme une pure perte de temps. Je considère désormais que j’ai eu raison de désobéir une fois de plus et de traîner mes guêtres dans ce secteur méprisé pour cause,
justement, de présence trop importante et jugée presque envahissante de pinot meunier. Heureusement, les temps ont changé. Merci les Loriot !
Pour la petite histoire, comme le souligne le site du Champagne Loriot en nous montrant la photo ci-dessus, le loriot est un oiseau siffleur et discret… qui se moque bien du qu’en dira-t-on et
des idées reçues. Visitez donc www.champagne-michelloriot.com
Et en parlant d’oiseau, puisque la musique adoucit les mœurs, ce «Loriot» me fait penser à «Ornithology», un morceau d’anthologie créé par le «Bird» du jazz, Charlie Parker. Écoutez-le, en
compagnie de Miles Davis (je redeviens très Miles en ce moment...), c'est ici
Michel Smith
Derniers Commentaires