Je n'ai pas fini de mettre de l'ordre dans mes notes de la Percée du Vin Jaune, et encore moins dans celles du Salon d'Angers, que je quitte ce matin.
Alors en attendant, j'ai bien envie de réagir au post de notre ami David, qui s'est affirmé lundi, comme un des nouveaux chefs de file de la mouvance anti-Steiner. Heureusement pour lui et pour nous, David a plus de tolérance et de charisme que Steiner avait d'amis mulâtres.
J'ai comme un doute
David a raison de mettre l'accent sur les zones d'ombre de M. Steiner. Compte tenu de la sociologie actuelle des partisans de la biodynamie, de leur côté franchement progressiste, on peut s'étonner qu'ils ne les aient pas dénoncées eux-mêmes, ces zones d'ombre. Mais peut-être certains l'ont-ils fait, je ne lis pas tout ce qui se publie sur le sujet.
Pour parler du fond, de la biodynamie elle-même, de ses pratiques, de sa philosophie appliquée, je n'ai pas un avis aussi tranché que David.
Ce n'est pas parce que je ne sais pas dans le détail comment fonctionne un téléphone portable, ou une automobile, que je ne peux pas l'utiliser ni en percevoir les avantages.
Ce n'est pas parce que je ne sais pas comment fonctionne vraiment la biodynamie, comment des doses infimes de produits "dynamisés" peuvent affecter des hectares de vignes, et en quoi consiste vraiment cette dynamisation, que je ne peux pas constater qu'une belle frange de ses adeptes... produisent des vins superbes. Tant pis pour le jargon, la magie, les arcanes (s'il y en a vraiment), je ne suis pas forcé d'adhérer au concept pour apprécier le produit, ni de passer une soirée avec chaque vigneron dont je débouche une bouteille. Vous même, qui lisez ces lignes, qui sait si, en live, vous apprécieriez ma petite personne...
Finalement, David et moi sommes comme les deux faces d'une même pièce, celle qui consiste à douter de tout. David voit la bouteille du bio-dyn à moitié vide, je la vois à moitié pleine.
Je ne pense pas qu'il y ait une supériorité absolue, naturelle, foncière, des biodynamistes vis-à-vis des autres vignerons. Que leur démarche soit la seule valide, la seule issue possible.
Mais la viticulture chimique non plus, qui épuise la terre et qui met en danger la santé des vignerons. Et l'affubler d'un faux nez, parler de viticulture "conventionnelle" (alors qu'elle est la fille du productivisme des années 60, et donc très récente, en définitive), ne change rien à l'affaire.
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PS. La signature ci-dessus vous est offerte par Frédérique Hermine, de la RVI, qui n'a pu résister à mettre sa touche féminine sous cette chronique en pianotant au hasard sur mon clavier.
Et maintenant, la vraie:
Hervé
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