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Dimanche 16 janvier 2011 7 16 /01 /Jan /2011 00:11

 

Éric et Lèia Monné, jeune couple attachant fortement inspiré par dame nature, lui originaire de Perpignan, elle du Brésil (Sao Paulo) mais avec un père Japonais, font partie de ces merveilleux fous non volants qui décident de s’enraciner dans les terres du Roussillon. Je suis heureux, parce que plus ça va et plus je découvre ce que je soupçonnais déjà en débarquant, il y a plus de vingt ans, à savoir que le Roussillon est capable d’envoûter les amoureux des belles et bonnes choses au point de les attirer comme araignée dans sa toile ou comme la guêpe dans la poire bien mûre.

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Dans cette nouvelle belle histoire, Éric, Lèia et leurs deux enfants, se sont installés à Bélesta-la-Frontière, un bled dont je vous ai déjà causé à maintes reprisesIls y ont acheté quelques vignes en 1995 par pur «coup de foudre esthétique» en livrant leurs raisins à la coopérative. Puis, ils ont financé leur installation, ont fondé le Clot de l’Oum et se sont mis à vinifier à partir de 2001 tout en convertissant le vignoble en agriculture biologique, avec certification à la clé en 2003. Éric travaille comme ingénieur à l’Office Européen des Brevets, à La Haye aux Pays-Bas, mais il a rencontré Lèia à Berlin alors qu’il travaillait déjà pour l’OEB. «Nous n’avions, à l’époque, aucune connaissance en œnologie, raconte Éric. Mais nous partagions une passion pour la cuisine, ce qui nous a beaucoup aidé par la suite. Lèia, qui est assez perfectionniste, a beaucoup d’intuitions pour tout ce qui touche le goût des produits naturels, purs et frais par eux-mêmes… Un don indispensable lors des assemblages».

Je connais le couple Monné depuis pas mal de temps pour l’avoir rencontré dans quelques salons et foires bio. Je m’étais promis d’aller les voir chez eux. Las, comme toujours happé par des obligations qui s’empilent les unes sur les autres, j’ai zappé, comme on dit maintenant, le rendez-vous que je m’étais promis de fixer. Jusqu’au jour où je les ai retrouvés dans mon antre, le Bistrot des Crus, où ils viennent de temps en temps se payer du bon temps. La rencontre a commencé avec un «Granito Vivo» 2007, «carignan majoritaire et pur granit». Mais c’est le «Carignan Novo», la toute nouvelle cuvée de l’estimé domaine du Clot de l’Oum, qui a retenu mon attention. «Une poussière de granit», disent joliment Léia et Éric. «Un instant de garrigue», ajoutent-t-ils encore. Ou une «bossa nova de fin de vendanges», histoire de rappeler les lointaines origines de Lèia.

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Vignes de 50 ans, 3.000 bouteilles en vente au prix de 16 € départ cave, on sent au nez la présence discrète du bois (12 mois d’élevage en barriques « très usagées »), mais il est vrai que ce boisé est souvent imputable aux essences de garrigue environnant les vignes. Le vin est encore très jeune et il le fait savoir en affichant une acidité bien appuyée, rehaussée par des notes de fruits frais, de garrigue et de pierres brûlées, sur une belle texture laissant une impression gourmande et juteuse. Des tannins très légèrement amers ferment la bouche, tandis que la longueur est assez impressionnante. Pour bien faire, il faudrait attendre ce carignan encore 4 à 5 années afin que la finesse qui s’annonce prenne le dessus sur l’ensemble.

Un beau vin en conclusion qui me donne envie de réécouter Pierre Barouh, le poète-musicien le plus brésilien de France et qui, comme par hasard, s’est pris de passion pour le Japon. Saravah !

 

Michel Smith

Par les5duvin - Publié dans : Carignan Story (feuilleton) - Communauté : Les Amis des 5 du Vin
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Commentaires

Barouh,Jacques, Michel, on dit que c'est en Vendée qu'il a conçu "A bicyclette", et "Des Ronds dans l'eau"...
Commentaire n°1 posté par Hervé Lalau le 16/01/2011 à 15h44
Je n’ai pas encore goûté le carignan du Clot de l’Oum, mais suis sûr qu’il est ausi bon que tu le dis. Les vins du domaine sont tous excellents, le choix des vignes est parfait, le boisage est maîtrisé, le packaging est réussi. Sans faute sur toute la ligne. Eric Monné est un homme d’affaires avisé et son produit c’est .... le vin.
Hélas – pour moi sans doute, lui s’en fout et il a bien raison – entre M. Monné et moi, Michel, c’est l’eau et le feu. Nous nous sommes rencontrés une seule fois, à Schaerbeek, vers 2003-2004, dans les caves d’une ancienne brasserie où son importateur tenait « portes ouvertes communes » avec quelques collègues et un chocolatier artisanal. Il a essayé de me vendre des vignes et m’a expliqué, à mots feutrés, comme il avait tout compris. Il vend une part importante de sa production ... en Hollande et gère – très bien – le domaine. Il est séduisant, mesuré, bien habillé, un gentleman du 21ème siècle en somme. Il n’y a de ma part ni animosité ni jalousie, simplement, tu l’auras compris, un antagonisme foncier et qui ne repose sans doute sur pas grand chose. Tough shit !

Je suis moins amateur de Stacey Kent, un pur produit du marketing Blue Note. Je l’ai vue sur scène aux « Gentse Feesten » il y a quelques années : un joli petit brin de voix (genre Liane Foly, sans plus, même pas la moitié de Mauranne) et un phrasé délicieux, mais il y a 100.000 Noires dans les églises de Harlem qui chantent mieux qu’elle. Simplement : « Black music, white money » : Blue Note veut de la Blanche, pas du black. On avait déjà connu cela avec Diana Krall (excellente pianiste par ailleurs). En plus, elle s’habille comne Vanessa Paradis mais aurait plutôt le look de Roselyne Bachelot (sans son vaccin anti-grippe).
Commentaire n°2 posté par Luc Charlier le 16/01/2011 à 17h40

Écoute mon vieux potos, on ne peut pas plaire à tout le monde... Pour une fois je laisse de côté le vin et je vais me pencher sur le cas Stacey. Elle n'est pas très belle, je te l'accorde, mais sa voix et son petit accent ont quelque chose d'aguichant... en tout cas, c'est l'effet que ça me fait ! Rien à voir avec DK qui se la joue de plus en plus star. Et puis, faut pas toucher à Vanessa Paradis. C'est une fille super que plein de gens voudraient faire passer pour une pétasse alors qu'elle est simple et nature... Stacey et Vanessa, ce ne sont pas des grandes voix, mais ce sont des voix qui touchent juste là où il faut, au sentiment. Mais Barouh et Gainsbourg, ou Reggiani et Aznavour étaient critiqués pour la médiocrité de leurs voix. Ils avaient le talent en plus. Donc touche pas à Stacey et encore moins à Vanessa ! Bon voilà, c'était la minute cancans de Perpignan...MS

Réponse de les5duvin le 16/01/2011 à 18h19
Le Clot de l'Oum est aussi vendu en Belgique chez Sequoia
Commentaire n°3 posté par Hervé Lalau le 16/01/2011 à 17h59
Eh, oh, halte! Ai pas dit UN SEUL mot de travers sur Vanessa Paradis. Relis-moi. En fait, ai même regardé (pour la nième fois) Elisa avant-hier soir ! Il s’agit d’une femme très belle, qui était une fillette très belle, et une jeune fille sublime. Ses parents (avocat et psy, je crois, ai pas wikipédié) lui ont manifestement laissé développer sa personnalité. C’est une bonne actrice (excellente même), elle mène une vie équilibrée (pour ce qu’on en sait) avec un acteur de cinéma top de chez top, et depuis longtemps, dont elle a des mômes (trop pour la planète, mais c’est son problème). Chaque fois qu’on entend une interview, c’est intelligent, mesuré et charmeur. Et elle a interprêté quelques chansons très mignonnes, sans se prendre pour Barbara. Donc, Michel, pas de malentendu. Je te renvoie le taxi !
Pour Miss Kent, le problème est qu’on la présente comme une grande diva du Jazz et qu’elle se la pète un peu. En la comparant à Foly, je ne la rabaisse pas : elles ont toutes deux un certain talent .... mais plutôt pour la variété, « l’easy listening » !
Et pour le vin, tu as compris que j’étais plutôt de ceux qui disent bravo au Clot de L’Oum et qui pensent que plus il y aura de domaines pareils dans les P.O., mieux nous nous porterons tous ! Les affinités, après, c’est autre chose. Tu sais que je pratique le « parler vrai ».
Allez, vive le bon carignan ! Tiens, à propos (ou plutôt sans rapport) : viens de boire ce midi un Château Musar 1979 (mon dernier, snif) : MAGNIFIQUE.
Commentaire n°4 posté par Luc Charlier le 16/01/2011 à 19h09
Parlons de choses sérieuses : écoutez Betty Carter improviser sur la musique de Coltrane. Ou encore, une (petite) marche en dessous, Jeanne Lee accompagnée par Mal Waldron ou Ran Blake.
Commentaire n°5 posté par Alain Leygnier le 16/01/2011 à 19h32
Oui, Carter, bien sûr. Le problème, c’est que ses enregistrements les plus marquants remontent au temps où le son « craque » (comme Billy) et je n’ai pas suffisamment de discipline ni de connaisance en musique (je ne sais pas lire une partition, alors que mes parents et tous mes enfants sont des solfégistes confirmés !) pour savoir faire abstraction de ces défauts de la technique. Mais la grande Carmen Mc Rae disait que B. Carter était la meilleure chanteuse de jazz ! Une référence.
Connais pas grand chose de Lee, mais même époque.
Il faut avouer, sans faire dans le « racisme à rebours », que Nougaro a raison : être clair de peau, ce n’est pas de chance si on veut chanter le jazz ou le blues ! Pour ce dernier, Eric Clapton y est arrivé. Mais il était tellement souvent beurré, Slow Hands, que c’en était du ... beurre noir (équivalent du « beurre noisette » dans la gastronomie en Belgique).
Ce qu’il fait de la raie est son affaire.
Une petite rmq toutefois : je ne sais pas s’il y a en musique des « choses sérieuses » et d’autres, mais personnellement, comme apparemment A. Leygnier, j’aime écouter des artistes qui exigent un effort d’attention du public comme d’eux-mêmes, qui ne se contentent pas du facile (ou apparemment facile). En outre, je n’ai jamais su danser de ma vie : ceci explique peut-être cela. Luc Charlier sur une piste de danse, c’est un peu comme un trousseau de clefs dans l’eau d’une piscine : pas la légèreté. Et dire qu’on essaie de réintroduire l’ours dans les Pyrénées !
Commentaire n°6 posté par Luc Charlier le 16/01/2011 à 20h23

Je sens que mes minauderies brésiliennes en énervent plus d'un... Je me range donc à vos opinions jazzistiques (et votre expertise) qui ne sauraient supporter la contradiction. Mais dans les énumérations, on oublie trop souvent de citer Anita O'Day (It Don't Mean A Thing, Stompin' At The Savoy, Taking A Chance On Love), de même que la grande Ella semble disparaître des listings... à mon grand regret. On pourrait rajouter Shirley Horn, ou (et) Sarah Vaughan, Nina Simone et, plus récemment, la Roberta Gambarini. À bon entendeur... MS

Réponse de les5duvin le 17/01/2011 à 07h47
Bien sûr que non, Michel. Il est tôt et je vais porter les lies à la distillerie, donc on fait vite. Mais celles que tu listes là, elles sont TELLEMENT incontournables ....
Ella est LA plus grande !
Quant aux brésilianités, on adore tous « Girls from Ipanema », même si Astrud n’avait guère de voix. Quant, à Golf Juan je crois, Ella en a fait « Boys from Ipanema », alors là !
Bon ...pom pom pee doo.
Commentaire n°7 posté par Luc Charlier le 17/01/2011 à 08h04
Je n'oublie pas les autres (Ella, Sarah, Anita, et les autres, bien sûr) je voulais parler d'une chanteuse originale (Betty Carter), qui, seule en son genre, et au-delà des standards, d'un scat si j'ose dire "syndical" et comme obligé, improvise (forme des phrases, prend des chorus) comme un saxophoniste, un trompettiste, sur des thèmes modernes et pas seulement sur de la musique pour chanteuses. Je l'avais écoutée au festival d'Antibes, choruser sur un "Impressions" (Coltrane) pris à un tempo d'enfer. C'était grandiose. Quant à la bossa, oui, bien sûr, mais avec des improvisations, sinon "It don't mean a thing".
Commentaire n°8 posté par Alain Leygnier le 17/01/2011 à 08h08
Pour en savoir plus. Certes, c'est un peu lyrique.
www.espritsnomades.com/sitejazz/carterbetty.html
Commentaire n°9 posté par Alain Leygnier le 17/01/2011 à 09h00
Luc et Michel, vous devriez fonder les 4 du Jazz avec Alain et David.
Commentaire n°10 posté par Hervé Lalau le 17/01/2011 à 14h07
Et l'article sur la Tunisie? Disparu?
Commentaire n°11 posté par Hervé Lalau le 17/01/2011 à 17h38

Je ne sais pas ce qui se passe. Un coup de Ben Ali ? Pour répondre à Hervé, le jazz et la java peuvent faire bon ménage (même s'il y a parfois de l'eau dans le...gaz) alors pourquoi pas le jazz et le vin : Alain à la batterie, David au sax alto, Luc au piano et moi... au tire-bouchon.

Réponse de les5duvin le 17/01/2011 à 18h41
« Quand Jules est au violon
Et LEON à l'accordéon
Faudrait avoir deux jambes de bois
Pour ne pas danser la polka ... »
En tout cas, Léon (alias Luc), il ne veut pas être au tire-bouchon !
Commentaire n°12 posté par Luc Charlier le 17/01/2011 à 21h10
Et une vacherie, une !
A propos de Bossa Nova (née la même année que moi et qu’un certain JB, si j’ai bien compris), elle fut portée sur les fonds baptismaux par le plus grand jazzman français : Henri Salvador. Heureusement que Bonaparte a rétabli l’esclavage dans les Antilles, sinon vous l’auriez perdu, celui-là. Bon, et Jango, alors, me direz-vous ? Il est BELGE, putain (comme René Thomas et Philippe Catherine).
Allez, bonne soirée, je vais cultiver mon jardin d’hiver avant que Zorro n’arrive car je veux revoir Syracuse !
Commentaire n°13 posté par Luc Charlier le 17/01/2011 à 21h21

Faut dire aussi que Salvador a vécu la dernière guerre au Brésil. Ceci explique cela. Mais c'est surtout le film de Lelouch, un homme et une femme, qui a contribué à la relancer sur la scène mondiale... si je ne m'abuse.MS

Réponse de les5duvin le 18/01/2011 à 07h59

POURQUOI CE BLOG?

Ce blog est né de l'heureux hasard d'une rencontre, en 2010, au Salon des Vins de Loire d'Angers, autour d'un verre de rosé de Bourgueil - celui de Pierre Jacques Druet. Il y avait là cinq "plumitifs" du vin. Le rosé aidant, l'idée a germé de créer un espace commun.
Parce qu'à cinq, on peut aborder plus de thèmes.
Parce qu'on peut débattre.
Parce qu'on peut partager. Des coups de coeur, des coups de gueule, de l'expérience.

Et qu'est-ce que le vin sinon une boisson de partage?


De ces cinq, certains sont déjà des blogueurs confirmés, d'autres non.
Comme il y a les 5 sens, il y  a maintenant les 5 du Vin.


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