Partager l'article ! Carignan Story n°14 : de Perpignan à Calce, on a gagné!: On a gagné ! Vous l’avez peut-être vu ? Moi, je l ...
David Cobbold (Eccevino) est le plus français des journalistes anglais du vin, ou vice versa. Il a reçu en 2011 le Wine Blog Trophy pour son blog, More than Just Wine.
Jim Budd, sujet de sa Gracieuse Majesté, est journaliste pour diverses revues britanniques. Amoureux des vins de Loire, il leur consacre un blog, Jim's Loire, primé en 2009 du Wine Blog Trophy.
Hervé Lalau est un journaliste français écrivant pour diverses revues et sites français, belges, suisses et canadiens. Son blog "Chroniques Vineuses" lui a valu le Wine Blog Trophy en 2010.
Michel Smith, PourLeVin, est un journaliste français établi en Roussillon, travaillant pour diverses revues et guides en France. Il s'intitule
lui-même "Journaliste en Vins et autres Plats de Résistance".
Marc Vanhellemont est un journaliste belge travaillant pour divers magazines en Belgique et en France. Incontournable, sauf par la face nord.
On a gagné !
Vous l’avez peut-être vu ? Moi, je l’ai vu et entendu, puis revu tôt ce matin. Je m’explique.
Comme tous les samedis matins, je suis allé faire mes course au marché (minable à côté de celui de Narbonne, par exemple, mais ça c’est une autre histoire…), Place de la République à Perpignan. Dans les ruelles du centre ville comme sur les terrasses des bars, il y avait les restes, pour ne pas dire les vestiges, laissés par les supporters du match.
Quel match? Comment, j’espère que vous n’ignorez pas que Perpignan et son club historique, l’USAP, champion de France actuel – il s’agit de rugby, bande d’ignares – rencontrait Toulouse hier soir, son ennemi juré avec Biarritz, dans un stade archi plein, à Montpellier, notre capitale?
Eh bien, c’est l’USAP qui une fois de plus a remporté le match avec vaillance et pragmatisme contre des Toulousains un peu trop dominateurs et faiseurs de fautes. Je sais, vous vous en fichez. Mais c’était tout de même une demi-finale et si Perpignan continue sur sa lancée, nous garderons le Bouclier de Brennus pour la deuxième année consécutive.
Jérôme Porical : à lui seul, il a marqué tous les points pour Perpignan. Ce sera dur pour Morgan Para de Clermont Ferrand qui affrontera les "sang et or" en finale.
Et le Carignan, là-dedans ? Souvenez-vous de Calce, mon petit village du post dimanche dernier (voir ici) et souvenez vous des vignerons du village. Moi, ils me faisaient penser à une moitié d’équipe catalane de rugby. Mieux, l’un d’entre eux, j’ai envie de dire le premier d’entre eux, en la personne de Gérard, dit Gauby, fut en son temps un vaillant rugbyman et il en a gardé la physionomie parfaite. C’est pour ces raisons que vous qualifierez de stupides, j’en conviens, que j’ai décidé, de nouveau, d’écrire sur le Carignan de Calce.
Car il y a de la matière à Calce ! Celui-ci est à l’image du club « sang et or » et il est issu de vignes aussi vieilles que l’arrivée du rugby à Perpignan, en 1889. Ce vin porte un nom de prime abord exotique : Matassa, qui est également le nom du domaine. Il est l’œuvre de Tom Lubbe, un gars vaillant venu d’Afrique du Sud qui a, un peu, le physique d’un pilier des Springboks (il y a aussi des Sud Africains, des Australiens et des Néo Zélandais dans le rugby Catalan…) et qui plus est, le gars est associé à la jeune sœur de Gérard (Gauby), Nathalie, avec laquelle il vit… au-dessus de l’ancienne cave occupée par son frère à ses débuts. Le couple Nathalie-Tom a aussi un autre associé, Sam Harrop, mais c’est une autre histoire.
Tom Lubbe : pilier ou première ligne ?
Matassa, donc. Non, ce n’est pas un cri de guerre Zulu. Matassa (www.matassawine.com) est un mot catalan qui désigne un sous-bois dense. Et Tom revendique cette identité au point de préférer la mention Vin de Pays des Côtes Catalanes à celle de l’appellation Côtes du Roussillon. De même qu’il revendique la biodynamie (Ecocert), les vendanges manuelles, le tri, etc. Le millésime goûté est le 2008, un rouge pourpre foncé qui tâche, un nez sauvage, chaleur et puissance en bouche avec une belle trame et des tannins bien mûrs. Comme beaucoup de ses frères, c’est un vin que l’on peut volontiers boire dès aujourd’hui tout en sachant qu’il sera superbe d’ici 10 ans. À moins de ne garder le flacon pour célébrer la victoire que j’espère proche. Son prix est de 30 €. Je sais, on va me dire que c’est cher… mais il s’agit là de petits rendements dans un vignoble presque montagnard. Et puis, j’ai de plus en plus tendance à penser que nous sommes, par endroits dans le Sud, un peu comme la Bourgogne, avec des poches, parfois même des clos, de vignes donnant des choses extraordinaires en très petite quantité.
Par la force des choses, ce qui est rare est cher…
Michel Smith
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