Partager l'article ! Droits de Plantation: "j'ai choisi la liberté": Le ministre français de l'Agriculture Bruno Le Maire s'est fendu cette semaine d'un communiqué ...
David Cobbold (Eccevino) est le plus français des journalistes anglais du vin, ou vice versa. Il a reçu en 2011 le Wine Blog Trophy pour son blog, More than Just Wine.
Jim Budd, sujet de sa Gracieuse Majesté, est journaliste pour diverses revues britanniques. Amoureux des vins de Loire, il leur consacre un blog, Jim's Loire, primé en 2009 du Wine Blog Trophy.
Hervé Lalau est un journaliste français écrivant pour diverses revues et sites français, belges, suisses et canadiens. Son blog "Chroniques Vineuses" lui a valu le Wine Blog Trophy en 2010.
Michel Smith, PourLeVin, est un journaliste français établi en Roussillon, travaillant pour diverses revues et guides en France. Il s'intitule
lui-même "Journaliste en Vins et autres Plats de Résistance".
Marc Vanhellemont est un journaliste belge travaillant pour divers magazines en Belgique et en France. Incontournable, sauf par la face nord.
Le ministre français de l'Agriculture Bruno Le Maire s'est fendu cette semaine d'un communiqué officiel où il se félicite que «les douze Etats principaux producteurs de vins se sont ralliés à la position française en appelant la Commission européenne à tenir compte de leur opposition à la suppression des droits de plantation».
Hervé Lalau, lui, se félicite que 15 autres Etats - les principaux pays consommateurs, alias les payeurs - soient favorables à l'abolition de ces droits de plantation d'un autre âge, de même qu'au remplacement d'une viticulture d'assistés par une viticulture compétitive.
Racontez l'histoire de la PAC, des subventions viticoles, de la distillation européenne et des droits de plantation à un cheval de bois australien et il vous décoche une ruade.
Un vigneron, en Europe ou ailleurs, c'est fait pour produire du vin qui se boit, pas de l'excédent subsidié. Et son succès ne doit pas dépendre d'autorisations administratives, mais de ses qualités professionnelles. Pendant que des jeunes viticulteurs français bien intentionnés tirent la langue faute de bonnes vignes à cultiver et se heurtent à un mur de paperasserie déshumanisée, (salut, Catherine!) des polycultivateurs installés depuis des lustres continuent à produire de la daube invendable et/ou à monnayer leurs droits de plantation.
M. Le Maire ne pourrait-il se pencher sur le problème de la qualité des AOC dont il signe les décrets et de l'accès des jeunes au vignoble, plutôt que de flatter les médiocres et leurs organisations de parvenus qui comptent leurs voix et leurs hectos? Ou compte-t-il déjà, lui aussi, les voix que cela peut rapporter au candidat Sarkozy dans la France rurale, abusée par ses prétendus représentants?
Liberté, égalité, fraternité. Laissons tomber le dernier mot qui ne veut plus rien dire et retenons la liberté des plantations et l'égalité de traitement entre ceux qui ont déjà des vignes et ceux qui n'en ont pas encore.
Imagine-t-on de ne donner le droit de conduire une voiture qu'à ceux qui en possèdent déjà une?
C'est pourtant ce système absurde qui est en vigueur dans la France viticole de 2012.
Lalau dit "stop", M. Le Maire, ce système est à bout de souffle, il n'a pas pu protéger les petites exploitations viticoles qui ne cessent de disparaître, et de toute façon, ce n'est pas un ministère de décider de quel type de concurrence la viticulture française doit se doter - sauf à prôner un nouveau corporatisme, un nouvel encadrement d'Etat qui fait plus penser à l'eau de Vichy qu'au vin de France.
Je n'ai pas les relais de communication d'un ministre ni même d'un syndicat viticole ou d'une coopérative, juste ma bonne foi de buveur et de "cochon de payeur".
D'aucuns m'accusent de néolibéralisme. Je me sens plutôt libertaire, en l'occurrence: que vient faire la puissance de l'Etat dans cette matière, pourquoi intervient-il dans des affaires commerciales et privées, au nom de quelle compétence et de quelle stratégie? Pourquoi devrais-je cautionner un réglement qui donne plus de droits à ceux qui possèdent qu'à ceux qui accèdent? En serions-nous revenus aux privilèges de l'Ancien Régime?
Pourquoi le peuple de France, et notamment le fameux peuple de gauche, si prompt à dénoncer l'arbitraire, ne dénonce-t-il pas celui-là? Serait-il désinformé?
Et pourquoi dois-je payer, comme contribuable, des excédents de vin que je ne boirai jamais?
Hervé
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