Quelques mots de présentation d’abord, à la manière d’une belle carte postale… La Paillote est un village-hôtel créé au début des années 60, au tout début de
l’indépendance du Sénégal, dans un parc luxuriant (j’adore au passage cette expression…) en bordure de l’Atlantique, à quelques encablures (autre mot désuet…) de la Guinée Bissau. Les
propriétaires de ce petit paradis étaient Germaine et Roland Aubert, hôteliers à Ziguinchor, capitale de la Casamance créée il y a fort longtemps par les Portugais, puis reprise par les Français
en pleine période de colonisation.
De la terrasse de La Paillote, l'océan à perte de vue... Photo©MichelSmith
Au départ, ce n’était rien qu’une vulgaire paillote d’inspiration casamançaise avec le minimum de confort sanitaire faite pour que les « expatriés » qui avaient
choisi Ziguinchor comme port d’attache puissent venir le week-end se délasser sur la plage et pratiquer la pêche ou la pétanque. Les 80 km de piste qui séparaient les Aubert de leur petit paradis
balnéaire étant difficilement praticables en raison des multiples bras du fleuve Casamance qu’il leur fallait traverser, les toubabs débarquaient le plus souvent en petit avion de tourisme
profitant de la marée basse pour se poser sur l’une des plus belles plages d’Afrique de l’Ouest.
Les locaux écaillent la carpe rouge et autres poissons à même le sable. Photo©MichelSmith
Au début des années 80, Christian Jacquot, leur petit fils, passionné de tourisme et d’aviation, tout juste marié à Françoise, décide de faire de ce lieu un havre de paix touristique. Il faut dire qu’entre temps, le Club
Méditerranée époque Serge Trigano venait de s’installer à deux pas de là et qu’un petit aéroport de brousse, aujourd’hui parfaitement modernisé, avait été construit pour acheminer les GM. À
proximité, un semblant de village baptisé Cap Skirring s'est créé spontanément.
Sibé Diatta, un des "vieux" serveur de La Paillote, également riziculteur à Kabrousse. Photo©MichelSmith
Une case d’abord, puis cinq, puis une trentaine pour finir, sans omettre l’agencement d’un parc tropical aux essences rares, la construction d’une vaste case
centrale avec son imposante toiture à impluvium comme il est coutume d’en trouver en Casamance, le village-hôtel La Paillote est aujourd’hui
fréquenté par de vieux amoureux de l’Afrique dont quelques célébrités que je ne nommerai pas, en dehors de quelques anciens clients (J.A., D.B., B.G., etc) certains devenus aujourd’hui
propriétaires de belles villas dans les environs.
Le Réserve vient de France... C'est le favori des pêcheurs, surtout en rosé. Photo©MichelSmith
Cap Skirring a failli devenir un petit Saint Tropez africain, mais c’est heureusement resté un lieu simple où l’on vient rechercher le repos tout en profitant de la
gentillesse légendaire des Casamançais. Si vous devez offrir un voyage de noces à quelqu’un de proche, c’est l’endroit idéal : couchers de soleil garantis, mini orchestre tropical presque tous
les soirs, cocktails sans reproches assurés par mon ami Samba, grillades sur la plage et tout le toutim.
Un des favoris sur le poisson ! Photo©MichelSmith
Bon, toute cette intro est déjà bien assez longue. D'ailleurs, il me semble déjà à trois reprises vous avoir parlé de ma Paillote... Venons-en à mon Big Tasting. On
pourrait croire le vin absent de ce lieu paradisiaque ? Il n'en est rien car Christian Jacquot, sans être un grand connaisseur, ne se prive pas d'une belle bouteille. Sa carte est simplissime. Le
pichet de rouge vient d’Espagne et coûte 3.500 FCFA (*) les 50 cl. Et fait le bonheur des pêcheurs qui en boivent souvent plus qu'il ne faut...
On trouve même un blanc Australien... Idéal sur les plats en sauce. Photo©MichelSmith
Et moi, peut-être à cause du Carignan encore présent dans l’encépagement du Maroc, j’opte volontiers pour le Guerouanne à 8.000 FCFA, un rouge certes rustique mais
du genre "passe partout". Catégorie supérieure, le rouge « Réserve de la Paillote » vient de France (8.500 FCFA), mais d’où exactement ??? Le patron m'assure qu'il est de l'Hérault. Bizarrement,
le Beaurivage (16.000 FCFA), Bordeaux très correct au demeurant, est moins cher (de peu) que le Côtes de Provence « L’Estandon » (18.000 FCFA) rouge ou rosé. Ils ont leur clientèle...
Le Beaujolais de Pascal Clément est jugé "abordable". Photo©MichelSmith
Plus adapté au climat, le Beaujolais-Villages est à 16.000 CFA tandis que le nouveau de Duboeuf (20.000 FCFA) est presque un vin "de luxe". Danger : il se boit très
vite par 30° à l'ombre... Le Champagne (Laurent Perrier ou Nicolas Feuillate), à 40.000 FCFA 'selon arrivage', est un vin très prisé en début de soirée car il est vendu à la flûte. En blanc, on a
aussi un Gewurztraminer (sans fautes d’orthographe sur la carte, ce qui est rare même en France, et quand bien même si on ne précise pas le mot 'Alsace'), tandis que le Muscadet, excellent, est à
16.000 FCFA et vient de chez Guilbaud Frères.
Le Muscadet des Guilbaud, un 2007 parfait sur les crustacés, la langouste en particulier. Photo©MichelSmith
Sinon, une page entière de la carte est consacrée aux vins du monde. C'est là que se cachent les meilleurs rapports qualité-prix de la carte avec des vins allant de
10.000 à 15.000 FCFA, le plus cher étant un Rioja. D'après Abdoulaye, le maître d'hôtel, le merlot-cabernet Sud Africain (10.000 FCFA) a la cote auprès du public. Avec son équipe (Ernest,
Boubakar, Alpha, Alphonse, Charles, Sibé...) on est assuré d'avoir un vin à bonne température, présenté et ouvert avec maestria !
Abdoulaye, le maître d'hôtel au premier plan et Boubakar, son co-équipier d'un soir. Photo©MichelSmith
(*) Je vous ai mis les prix en Francs CFA pour faire plus exotique... Sachez qu'un euro est égal à 635 FCFA. À vous de faire les calculs car moi, je suis en
vacances... ce qui ne m'empêche pas de bosser pour vous !
Michel Smith
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